Odoo : le leader des ERP libres sur la mauvaise pente

Presque un an jour pour jour après avoir clôturé un deuxième tour de table pour Odoo (ex-OpenERP, Anthony Lesuisse et Fabien Pinckears viennent d’annoncer officiellement qu’Odoo rejoindra Compière et OpenBravo au rang des logiciels de gestion ne proposant qu’un nombre limité de composants libres, honeypot permettant de vendre des modules premiums. C’est une des suites logiques du changement de licence annoncé en février (AGPL copyleft vers LGPL non copyleft).

J’avoue être complètement dégoutté. Mes réactions à chaud sur Twitter et la mailling list.

La communauté ne changera pas de licence : une licence non copyleft mettrait en danger des années de travail. Il ne sera donc plus possible d’installer des modules communautaires en AGPL et des modules « premiums » propriétaires sur la même instance. Modules propriétaires qui porteront probablement 90% de la valeur ajouté à partir de la version 10… Peut-être que l’OCA forkera d’ici quelques mois/années, comme Tryton en 2008… et quand bien même. SAP et Microsoft auront gagner : diviser pour mieux régner.

Comme le dit Raphaël Valyi, un vieux de la vieille en ce qui concerne OpenERP, ce énième changement de modèle économique donne bénédiction à tous ceux qui ont violé la licence AGPL depuis des années et n’ont jamais contribué à la communauté. Les parasites d’hier deviennent les modèles d’aujourd’hui alors que les contributeurs les plus actifs sont durement et durablement punis. On avait déjà eu un aperçu du peu de considération d’OpenERP SA envers sa communauté lors du feuilleton accompagnant la release de la v7, l’abandon très rapide du templating mako ou le renommage marketeux vomitif des Odoo Community Days en Odoo Experience… mais là c’est la totale.

On est loin de ce que nous vendait Fabien depuis dix ans : ci-dessous lors d’une présentation en 2011 ou encore dans ce billet datant de 2013. Et à voir le résultat de Compière et OpenBravo… j’ai pas l’impression que ça soit de bonne augure, sauf peut-être pour les détenteurs du capital à vision court-termiste.

Oui une entreprise doit gagner de l’argent… mais les moyens pour y arriver sont nombreux.

MAJ : d’après Fabien, les entités entrée au capital l’an dernier doivent garder leurs parts huit ans, ce qui peut semble à première vue moins court-termiste que je ne pensais

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