PopcornTime : une piste d’archi pour Netflix ?

Outre la vente de SFR, cette semaine a été marquée par de très nombreux articles sur PopcornTime. Je l’ai testé en début de semaine et je dois avouer que c’est bluffant. C’est ce qu’on peut appeler du design, au sens anglo-saxon du terme : ce n’est pas seulement « beau » c’est surtout très pratique, très fonctionnel.

L’idée principale est de mettre à disposition des flux torrents en streaming au sein d’une interface ultra-simple permettant d’accéder aux résumés de films et aux sous-titres. Cela offre un accès immédiat aux films disponibles en torrents pour toute madame Michu anglophile.

Évidement, le droit d’auteur s’applique sur les flux que l’on télécharge. Selon les films et la localisation géographique il est donc possible que l’utilisateur se mette dans l’illégalité. Les majors faisant pression sur l’équipe ayant développé ce projet à titre totalement gracieux, ceux-ci ont choisi d’arrêter le projet(bien qu’ils ne faisaient absolument rien d’illégal). Le code, open-source, étant disponible sur Github, il va probablement être rapidement forké.

Ce qui est intéressant c’est l’architecture sous-jacente du système. Comme tout Torrent, lorsqu’un peer télécharge un ficher, il seed également. C’est à dire qu’il envoie à son tour ce fichiers à ceux qui le demandent. Plus il y a de personnes qui regardent un film, plus celui-ci est disponible rapidement. On ne divise donc pas une bande passante disponible vers un serveur unicast (comme Youtube). Cela s’apparente plus à la multiplication des pains.

Ces derniers jours on a beaucoup parlé de Netflix qui tenterait de s’installer en France d’ici l’automne. Netflix voulant diffuser ses programmes en 4K (« ultra HD »), cela pose de gros problèmes de transit car tous ses serveurs sont centralisés aux États-Unis. Il y a donc une asymétrie des volume lors de l’interco avec les FAI européens (au travers de Tiers1 comme Cogent) ce qui pose des problèmes de gros-sous(pouvant déboucher sur la non neutralité du réseau). Internet pour rappel, n’est pas fait pour avoir des échanges aussi déséquilibrés mais au contraire pour répartir le contenu et distribuer la charge.

Ne pourrait-on pas imaginer que Netflix s’inspire de l’architecture Torrent pour éviter ces problèmes d’engorgement ? Tout ça avec les DRM(verrous numériques non interopérables dignes d’un autre âge) qui vont bien pour faire plaisir aux majors bien entendu. Cela me parait économiquement, concurrentiellement et technologiquement bien plus sain que de recourir à des CDN.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *